Journée internationale de la liberté de la presse
 
Il y a les pays prédateurs, comme la Birmanie, la Chine, l'Iran ; les pays où les journalistes sont en danger permanent comme l'Irak ; les pays où le pouvoir économique ou l'autocensure minent aussi la liberté d'informer, en Europe, aux Etats-Unis... RFI vous fait partager en ce 3 mai la journée internationale de la liberté de presse.
 
(Photo : www.rsf.org)
 

En Irak : informer au péril de sa vie

Etre journaliste en Irak, c'est avant tout vérifier chaque matin le chassis de sa voiture pour s'assurer qu'elle n'est pas piégée. Emprunter des trajets différents pour éviter les enlèvements, et travailler discrètement.

Malgré ces précautions observées par les journalistes, l'Observatoire irakien de la liberté de la presse rappelle que ces douze derniers mois, 37 employés de presse ont été tués, il y a eu 27 kidnappings, et 197 attaques ont directement visé des journalistes, un chiffre en augmentation de 60% par rapport à la période précédente. L'association souligne que les employés de presses sont agressés ou détenus par les milices mais aussi par les forces irakiennes et les militaires américains. Ce sont essentiellement les journalistes locaux qui sont victimes de ces violences politico-ethniques, puisque leur confrères étrangers ne sont plus très nombreux à couvrir le conflit.

Quand ce ne sont pas les questions de sécurité qui freinent le travail des reporters, c'est l'attitude des autorité irakiennes. Les attaques contre les médias sont dénoncées mais jamais punies. Bagdad a par ailleurs établi plusieurs restrictions au travail des journalistes, il est par exemple interdit de filmer les zones d'attentats, et certaines régions d'Irak sont inaccessibles aux médias.

En Birmanie : censure et autocensure

L'année dernière, un journaliste japonais travaillant pour Fuji TV a été tué à bout portant en septembre 2007, lors de la répression de la révolte des moines. La liberté de la presse, on en rêve en Birmanie... mais le quotidien des journalistes locaux en reste plus éloigné que jamais, à quelques jours du référendum sur une nouvelle Constitution, le 10 mai. La censure est la règle, et l'auto-censure fonctionne à plein régime. Explications avec ce journaliste en exil de Voice of Burma, cette chaîne de radio-télévision qui a son siège à Oslo, en Norvège, et un important bureau à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. 
 

En Afrique : des situations contrastées

Affiche d'une campagne de sensibilisation sur la liberté d'expression au Burkina Faso et en Gambie.(Photo : www.rsf.org)

Cette année encore, c'est la Somalie qui demeure le pays africain le plus dangereux pour la presse. Huit des quatorze journalistes assassinés sur le continent en 2007 ont été tués dans cette nation sans Etat, où les chababs islamistes et les autorités de Mogadiscio se comportent, selon Reporters sans frontières, comme des prédateurs de la liberté d'informer.

Autre pays qui conserve son triste trophée : l'Erythrée qui une fois encore apparaît comme le régime africain le plus répressif à l'égard des journalistes. Deux confrères ont disparu en 2007, seize sont toujours emprisonnés et mieux vaut ne pas chercher un journal indépendant à Asmara, il n'y en a pas.

La situation au Zimbabwe reste également très grave. A l'été 2007, Edouard Chicomba a été retrouvé mort après avoir été arrêté par les services de renseignement. Sa faute : avoir envoyé à CNN et à la BBC des images du leader de l'opposition qui avait été bastonné en détention. Par ailleurs, à Harare, publier ce que la censure considère comme une fausse nouvelle peut vous coûter 20 ans de prison.

Le Niger et le Tchad ont également vu, selon RSF et la fédération des journalistes, les conditions de la presse se dégrader. Au Niger, 5 journalistes ont été arrêtés en 2007. Moussa Kaka, notre correspondant, est toujours en prison.

Enfin l'impunité reste la règle pour les assassins de journalistes en Afrique. Selon RSF, depuis 10 ans, seulement 2 meurtriers de nos confrères ont été identifiés et traduits en justice.

Quelques bonnes nouvelles aussi : en Namibie, au Botswana, au Mozambique, en Afrique du Sud, au Ghana ou au Bénin, la situation de la presse reste globalement bonne. Selon RSF, cette situation s'est  nettement améliorée au Togo, avec la mise en place d'une instance de régulation respectée tant par le gouvernement que par les journalistes. 

Le recul du Cameroun

Au Cameroun, la presse, accusée d'attiser la contestation, a souffert également lors de la répression des journées d'émeutes début mars. Le contexte politique y est pour beaucoup.

Les avancées de l'Ethiopie

La crise ouverte en novembre 2005 par l'arrestation d'une vingtaine de responsables de journaux s'est achevée honorablement, en 2007, grâce à la pression internationale, selon RSF. 2007 a connu une relative détente.   
 
15 pays sont considérés comme des ennemis de la libre circulation de l'information sur internet.
(Photo : www.rsf.org)
 
Source - RFI
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