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MAMADOU SAKHO, “ DOUBLE LESS ”, PÈRE DE BALLA GAYE II “ La seule alternative qui s’offre à mon fils…”

Entre le père et le fils, c’est la paix des braves. Pour Mamadou Sakho, alias “Double Less”, le malentendu qui l’opposait à son fils, Balla Gaye II, est à ranger aux oubliettes. Résolument tourné vers la suite de la carrière de son fils, “Double Less” décortique les erreurs commises par ce dernier lors de sa dernière défaite, évoque avec nous le discours paternel qu’il lui a tenu et dresse les voies à prendre pour suivre les traces du pater. Sans langue de bois, le légendaire père dévoile “la seule alternative qui s’offre” désormais au prince héritier. Entretien.

Champion, quel a été le sentiment qui vous a animé après la défaite de votre fils, Balla Gaye II ?

C’est une occasion de rendre grâce à Dieu et à nos parents. Cette défaite, c’est quelque chose qui devait arriver, c’est la volonté divine, on y peut rien. Il ne faut pas avoir de regrets. J’espère juste que les deux lutteurs pourront tirer les enseignements de ce combat. Ils sont jeunes et je les considère comme mes deux enfants. Naturellement, j’aurai préféré que mon fils sorte vainqueur de ce combat, mais je ne peux pas m’attrister que l’un d’eux soit vainqueur. Ce sont mes enfants. Après cette défaite, la seule alternative qui s’offre à mon fils maintenant, c’est de s’armer de courage, de chercher une autre voie et de se concentrer sur son avenir, ses prochains combats et qu’il aprenne de ses erreurs.

Quelles ont été ses erreurs ?

Si on ne fait pas d’erreurs, on ne perd pas. Le sport va de pair avec les erreurs. Sur ce combat, l’erreur qu’il a faite, c’était d’avoir sous-estimé son adversaire. Certainement, il a dû penser qu’il était plus costaud que lui, ce qui n’est pas le cas. C’est vrai que, parfois, sa fougue lui joue des tours. Mais je mets cela sur le compte de sa jeunesse. Quand on est jeune, il arrive que l’on ne soit pas en mesure de se contrôler face à certaines situations. C’est vraiment une erreur monumentale.

Au-delà de cet aspect, quelle autre erreur le technicien que vous êtes a décelée de sa part, lors du déroulement du combat ?

Sur le plan technique, je déplore d’abord le fait qu’il s’est laissé piéger en se laissant enfermer les deux mains. Et, malgré cela, il aurait pu se libérer de ce piège. En tout cas, ç’aurait été moi, je réussirais à me défaire, on ne me battrait pas de cette manière-là. Il fallait chercher les voies et moyens pour obliger l’adversaire à quitter cette position de force. Vous savez, les jeunes d’aujourd’hui font tellement confiance à leurs capacités qu’ils ne prennent pas en considération toutes les situations possibles, alors qu’un lutteur doit se parer à toute éventualité. Mais bon, je trouve que ce sont des erreurs de jeunesse, que l’on peut donc corriger. On apprend toujours de ses erreurs.

Certains observateurs disent que Balla Gaye II n’est pas un bon puncheur. Êtes-vous de cet avis ?

Non. Moi je sais que c’est excellent cogneur. Il sait frapper ; ça, je vous l’assure. C’est peut-être parce qu’il n’a pas encore éprouvé le besoin d’utiliser cette arme puisqu’il en a d’autres, mais il sait donner des coups. Très bien même. Maintenant, quand une défaite survient, je vous jure qu’on y peut rien. C’est comme si tout ce qu’on savait faire s’est envolé.

Qu’est-ce que vous lui avez dit après le combat ?

Je lui ai dit de rendre grâce à Dieu. Je lui aussi dit que dans ma carrière, j’ai eu à affronter des situations similaires. Dans de pareils cas, il faut avoir l’humilité de se remettre en cause. Et puis quand on est bien entouré, il n’y a pas de soucis majeurs. Moi, on me mettait face à mes encadreurs, mes responsables, autour d’une table, et on me faisais voir mes erreurs. On les décortiquait une à une. Je m’expliquais et on me donnait les voies à prendre pour éviter de les répéter. Lui aussi s’est prêté au même exercice.

Qu’a-t-il répondu ? Avez-vous participé à la préparation de ce combat, aux entraînements notamment ?

Non, je n’ai pas participé aux préparations de ce combat, et non plus des autres.

Mais qu’est-ce qui l’empêche de profiter d’une expertise comme la vôtre ?

Oui, mais vous savez… (il hésite, avant de reprendre). Quand on confie son fils à quelqu’un, il faut lui faire confiance. Si après avoir confié votre fils à quelqu’un, vous revenez pour parler de sa gestion, cela peut ressembler à un manque de confiance. C’est une ingérence qui peut être mal perçue. Moi, je fais confiance aux gens qui sont autour de lui, qui l’encadrent depuis longtemps, dans toutes les victoires qu’il a connues. Maintenant, comme vous dites, mon expérience peut lui servir à quelque chose. Et sur ce plan, nous nous sommes entendus à tous les niveaux. La communication passe à merveille entre les responsable de l’école de lutte et moi. Nous rendons grâce à Dieu et prions pour qu’il en soit toujours ainsi. Aussi bien avec son entraîneur, le président qu’avec toutes les autres structures, nous nous sommes mis d’accord.

Est-ce à dire que vous allez vous impliquer lors de ses prochains combats ?

Oui. désormais, j’y suis de plain-pied. Cela ne peut faire que du bien d’avoir plusieurs avis. Cela permet de progresser. Et comme je vous ai dit, je suis désormais entièrement associé à tout ce qu’il fera, les entraînements, la préparation psychologique, bref, tout ce qu’il fera.

Votre malentendu avait défrayé la chronique. On pensait que c’était clos, mais personne ne vous a encore entendu dire que vous avez passé l’éponge… J’ai oublié cette histoire. C’est mon fils. Il l’a toujours été, il l’est et il le restera. Entre un père et un fils, il ne peut y manquer des malentendus. Le plus important, c’est d’arriver à les dépasser. C’est ce qu’on a fait. Quand un fils qui s’était égaré, revient dans ses pas pour retrouver son père, on ne peut que s’en réjouir. Cette histoire est derrière nous. Je lui ai pardonné. “Baal nako ci xol bù sedd gùùy !” (Je lui ai pardonné de gaieté de coeur).

Balla Gaye II s’apprête à affronter un gros morceau de la lutte, Tapha Guèye. N’est-ce pas risqué dans ce contexte, juste après une défaite ?

Je vais vous raconter une anecdote. À mes débuts dans l’arène, j’ai perdu devant un lutteur qui s’appelle Babou Ndieumbane (différent de Mame Ndieubane). Tout juste après, j’ai eu un combat contre Mbaye Guèye de Fass. Pourtant, cela ne m’a pas empêché de le battre lors d’un combat qui n’a même pas duré. C’est juste pour vous dire que les vérités d’un combat ne sont pas forcément celles d’un autre.

L’exemple, c’est pour dire que vous êtes confiant quant à une victoire sur à Tapha Guèye ?

Ce n’est pas facile de parler d’un combat qui n’est pas encore disputé, mais j’ai confiance en mon fils. Je crois en ses capacités et j’espère qu’il peut s’en sortir. Laissons tout entre les mains de Dieu.

Venons-en maintenant aux rumeurs dont il fait l’objet. On dit de lui que c’est un viveur, qu’il n’a pas une hygiène de vie conforme aux exigences du haut niveau, qu’il fréquente des milieux et des personnes peu recommandables. Comment vivez-vous tout ce débat ?

Quand on est célèbre, il arrive qu’on se rende dans certains milieux et ça peut être mal vu. Et rapidement, les accusations et calomnies peuvent s’y mêler. Ça peut ne pas être vrai. Prenez l’exemple d’El Hadji Diouf, il est constamment accusé de toutes choses. Ça peut être vrai, tout comme ça peut ne pas l’être. Mais l’essentiel, je le lui ai dit, c’est de savoir qu’il est devenu un homme public et, par conséquent, il doit éviter les dérives. Il doit avant tout penser à ses supporters qui font tout pour le voir gagner. Rien que pour le bonheur de ces derniers, qui affrontent tout pour lui, il se doit d’être exemplaire. On ne peut pas payer un supporter, c’est lui qui constitue le chaînon le plus solide dans l’entourage d’un sportif. J’en profite pour demander pardon à tous les supporters de mon fils, à tous ses sympathisants, ceux qui, pour l’encourager, encaissent des coups, s’exposent à des blessures, mettent leur vie en péril… Comme je lui ai dit, en pensant à ceux-là, il se doit de redoubler d’effort et toujours se comporter de manière exemplaire. C’est important.

On sait qu’il excelle dans l’art de faire des “tùùs”, mais des voix s’élèvent pour déplorer le fait qu’il soit accompagné par un enfant, certes excellent danseur lui aussi, dans cet environnement particulier. Quel est votre sentiment là-dessus ?

Cet enfant dont vous parlez s’est attaché à lui. Les lutteurs d’aujourd’hui ne comprennent parfois pas tous les enjeux, mais je conçois que ce n’est pas prudent d’exposer un enfant comme ça, dans le milieu de la lutte. Il faut toujours se méfier des esprits maléfiques et préserver les enfants. On a commencé à en prendre conscience et nous en discutons parce que ce n’est pas prudent. Dans quelques jours, nous aurons des débats plus approfondis et ce sujet sera abordé parmi d’autres.

À moins que le petit ne soit un “Double Less” en herbe…

(Rires). En tout cas… Prions pour lui. Que Dieu lui prête longue vie et on verra. Cela ne m’étonnerais pas qu’il soit lutteur plus tard. Il n’a que ça en tête.

Quel est son nom ?

Laissons comme ça. Appelons le juste “Bay défal Yalla” (Rires)
 
source - Lobservateur

Ajouté le 2009-02-13
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