Fraude et Corruption : L'Ofnac libère ses cafards


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La présidente de l'Office national de la lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), Nafy Ngom Keita, a rendu public ce mardi le premier rapport d'activités 2014-2015 de l'institution qu'elle dirige. Un rapport qui a déterré bon nombre de cafards dans plusieurs secteurs d'activité minés par la corruption. 

Sur la période 2014-2015, l'Ofnac a reçu 320 plaintes et dénonciations, dont 114 par lettres, 11 par appels sur le numéro vert, 34 par mails, 1 par l'application mobile. Les plaintes proviennent essentiellement de la région de Dakar avec un total de 207, soit environ 65%. Cela ne veut pas, toutefois, dire que les autres régions du Sénégal sont épargnées. A l'exception de Kédougou. D'après le rapport, aucune plainte n'a émané de cette localité durant la période 2014-2015. Le nombre de plaintes venant de l'étranger s'élève à 2.

Le secteur le plus récurrent est celui du foncier, selon la présidente de l'Ofnac, Nafy Ngom Keita. Près de 50 dossiers concernant ce domaine sont sur la table de l'Ofnac. La présidente d'ajouter que l'importance de cette catégorie de réclamation repose sur le fait que les initiateurs sont souvent regroupés dans des collectifs et coopératives d'habitat.

La santé, malade de la «corruption»

Les enquêtes ont mis à nu plusieurs pratiques de détournement de malades, d'une structure publique vers un cabinet médical sur fond de corruption. Un acte qu semble désoler Nafi Ngom, puisqu'elle en déduit que les usagers des services publics sont placés dans une certaine insécurité car «l'efficacité et les besoins du malade ne sont pas mis en avant».

L'Education «sous surveillance particulière»

Faux et usages de faux, ce sont les infractions dévoilées par les investigations. Ces pratiques sont relativement notées dans des documents scolaires notamment des relevés de notes. Plusieurs éléments de l'enquête ont démontré que la responsabilité est partagée, entre les responsables d'établissements qui sont de mèche avec les élèves. De fait, une attention particulière est et sera donc accordée au secteur, «pour éviter toute forme de dérive irrécupérable».

La gestion des œuvres sociales infectée

Plusieurs pratiques aux antipodes des règles d'exécution de dépenses publiques ont été relevées. Des indices «graves et concordants» de détournement de deniers publics et d'escroquerie portant sur les deniers publics ont été notés. Alors que la mission primaire des œuvres sociales était, d'après Nafy Ngom Keïta, d'assurer une gestion des œuvres universitaires de manière efficace pour l'épanouissement des étudiants.

La corruption au cœur des Services des transports terrestres et la sécurité publique

Les structures publiques sont les plus visées : 113 plaintes sont comptabilisées. Ces dénonciations indxent l'administration. Seuls 75 sont contre les collectivités locales.

Le secteur du transport terrestre disposerait d'un réseau de malfaiteurs, auteurs d'actes de corruption. En plus de cette infraction, d'autres actes frauduleux viennent s'y ajouter : la concussion, le blanchiment d'argent, les violations du code général des impôts dans la délivrance de documents comme le permis de conduire. Des mesures ont été certes prises pour réguler le secteur et améliorer les services. Malgré tout, «des agents instaurent leurs propres règles contraires au code de leur travail», se désole la présidente de l'Ofnac.

Les femmes à l'abri de la corruption ?

Seulement 14 plaintes ont été déposées par des femmes dont le secteur d'activité est celui du petit commerce. Ce chiffre minime pousse Nafy Ngom Keita à se demander si les femmes sont moins exposées à la fraude et à la corruption. «Peut-être qu'il existe des blocages chez les femmes qui empêchent l'expression de leur vécu dans ce domaine», commente-t-elle.

Mais, s'il y a une chose que la présidente de l'Ofnac a retenue de toutes ces plaintes, c'est le vécu des Sénégalais et surtout, leur niveau de frustration dans leur relation avec le service public.

75 plaintes rejetées par l'Ofnac

Durant la période couverte, l'Ofnac s'est déclaré incompétent sur 75 de plaintes. Celles qui relèvent de son domaine de compétence ont augmenté, passant de 58, 82% en 2014 à 68, 42% en 2015. 

Nafy Ngom Keita parle d'un manque de contrôle exercé sur l'administration qui fait que des agents se dérobent pour s'adonner à des pratiques de fraude et de corruption.

Nafy Ngom Keita a, par ailleurs, annoncé que des enquêtes sur Petro-Tim et l'affaire de l'IAAF sont ouvertes. Elle demande ainsi aux concernés de bien vouloir répondre aux questions des enquêteurs.
 
Badara SENVIDEO
 

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