Pour réussir le projet agricole de Khelcom : Serigne Saliou y a investi 4 milliards entre 1991 et 2000
 
Le 1er avril 1991, le gouvernement du Sénégal, avec Abdou Diouf à l'époque au pouvoir, attribue une superficie de 45 000 ha, à Khelcom, à Serigne Saliou Mbacké, cinquième khalife général des mourides, à des fins d'exploitations agricoles. C'était le point de départ de ce que l'on a appelé le début de la ‘mise en valeur de Khelcom', aux allures d'une ‘révolution verte'.

En moins d'une décennie seulement, c'est-à-dire de 1991 à 2000, Serigne Saliou Mbacké, rappelé à Dieu le 28 décembre 2007 et surnommé ‘le marabout des daaras et des champs', a réussi à faire de l'ancienne forêt de Mbégué, située dans le village de Khelcom, au nord-est de l'arrondissement de Malem Odar, dans la nouvelle région de Kaffrine, un lieu où il fait bon vivre avec toutes les commodités. Sur les 45 000 ha qui lui ont été attribués sur les 73 000 ha de superficie de l'ancienne forêt classée, puis déclassée en 1977, Serigne Saliou Mbacké n'a ménagé ni son énergie, ni son temps, encore moins son argent pour les mettre en valeur. En fait, jamais, dans l'histoire du Sénégal, un citoyen n'avait investi autant d'argent pour mettre en valeur un domaine agricole.

Mais également, jamais un Sénégalais ne s‘était autant investi dans un domaine aussi étendu que Khelcom, en ne comptant ni sur les subventions de l'Etat du Sénégal, encore moins sur la bienveillance des bailleurs de fonds. Seul, ne comptant que sur le soutien désintéressé de la communauté mouride, le cinquième khalife général des mourides aura été le plus grand pionnier de la modernisation de l'agriculture au Sénégal. Et il aura beaucoup investi pour ce faire.

Ainsi, rien que pour la période allant de 1991 à 2000, on peut lire dans un document comptable authentifié portant la signature de Serigne Moustapha Saliou, fils du cinquième khalife général des mourides, que ‘le coût global de l'investissement pendant cette période s'élève à trois milliards sept cent vingt-trois millions huit cent soixante-treize mille cent quarante-cinq francs Cfa (3 723 873 145 F Cfa)'. Une somme énorme à laquelle il faut ajouter un milliard deux cent seize millions deux cent cinquante-trois mille quatre-vingt seize francs (1 216 253 096 F Cfa) payés à l'ex-Sonacos (devenue Suneor), dans le cadre d'un contrat de cession et de collecte des semences signé avec cette société. Ces investissements ont concerné la clôture du périmètre de la superficie attribuée à Serigne Saliou Mbacké et qui est partagée entre trois communautés rurales (Gniby 18 250 ha, Darou Minam 242 200 ha et Ndioum Nguith 12 550 ha) par des bornes de 2,50 mètres espacées de 15 mètres. Cette superficie de 45 000 ha a été divisée en quinze daaras qu'il a fallu relier par des pistes de 15 mètres de large. Dans cette partie qui est à la lisière entre les départements de Linguère et de Gossas et où l'eau est une denrée rare, Serigne Saliou a foré un puits de 290 mètres de profondeur et construit un château d'eau de 150 mètres cubes de capacité et de 20 mètres de hauteur. Il a aussi créé un réseau de canalisation de 115 mètres.

A cela s'ajoute l'implantation d'une pépinière de 700 000 pieds d'arbres pour le reboisement d'un périmètre de 106 km sur une bande de 50 mètres avec une intervalle de cinq mètres entre les arbres et une bande de 20 mètres entre les daaras. ‘La main-d'œuvre du reboisement a été recrutée et payée par le khalife sous la supervision du service des eaux et forêts', lit-on dans le document. La même source signale que ‘le manque de suivi du service des eaux et forêts comme défini dans les clauses d'attribution a eu comme conséquences un déficit sur les résultats escomptés'.

Le dernier fils de Cheikh Ahmadou Bamba à avoir accédé au khalifat ne s'est pas arrêté là. Il a également acheté douze magasins de stockage de la récolte d'arachides. Ces magasins ont été répartis dans onze villages, dont deux à Touba et les autres installés entre Kaël, Mbar, Panel, Diaglé, Colobane, Keur Maïssa, Noto, Tassette qui accueillent chacun un magasin de stockage des récoltes. Un autre magasin a été également construit à Ndioumane pour garder les matériels et matériaux agricoles, notamment les tracteurs, les denrées alimentaires, l'aliment de bétail, des tôles en zinc, du fer et du bois). Et pour ce qui est du parc des tracteurs du khalife, il se compte par centaines. Ont été achetés aussi des machines et des wagons pour l'acheminement des récoltes. Pour leur approvisionnement en fuel, le khalife a signé un contrat d'approvisionnement de carburant avec les compagnies Bp, Elf et Total/Elf et implanté une cuve de 10 000 litres dans chaque daara, en plus de la pompe.

Parallèlement, Serigne Saliou a signé un contrat avec la Sococim de Rufisque pour l'approvisionnement en ciment de Khelcom et a fait construire par des nationaux un centre de santé moderne sur le site. Celui-ci est implanté au daara numéro 9 pour sa centralité. ‘Pour l'achat des matériaux, le khalife visait la meilleure qualité et privilégiait les sociétés locales au lieu de les importer', renseigne le ‘compte rendu de la gestion de la mise en œuvre de Khelcom' fait par Serigne Moustapha Saliou en décembre 2000. C'est ainsi que tous les matériaux dont il avait besoin provenaient de sociétés comme la Sonafor (pour les forages), Cde (pour le château d'eau), Equip Plus pour les équipements divers, Safor pour les assiettes en aluminium, Idyss pour la canalisation, la Sismar pour le matériel agricole et les pièces de rechange, les Grands moulins de Dakar pour l'aliment bétail, Cge pour la quincaillerie. Pour les seccos, il mettra à contribution le ministre de l'Economie et des Finances tout comme le Haut commissariat à l'aide alimentaire pour l'alimentation alors que l'équipement hydraulique de Khelcom proviendra de Sahi-Sénégal, le fer sera fourni par Dakar-Matériaux, Diprom et Linoda et le bois par Dakar-Matériaux, Le Bois et Soa-Bois et les sacs où seront conservées les graines d'arachides viendront de Socosac. Sogeca s'est occupée de la mise en valeur des carrières.

Ce sont tous ces investissements de l'ordre de plus de 4 milliards qui ont fait de Khelcom ce qu'il est devenu aujourd'hui, c'est-à-dire un endroit où il fait bon vivre pour étudier et cultiver la terre à tout moment de l'année.

Mamadou SARR, Wal Fadjri 

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