Le Sénégal va ouvrir, le 8 février prochain, le tribunal
spécial qui devra juger Hissène Habré, accusé de graves violations des
droits humains, marquant ainsi un tournant décisif dans la longue
campagne pour faire juger l'ancien chef de l'Etat tchadien réfugié à
Dakar depuis 1990.
Des chambres spéciales africaines avaient été mises en place dans le
système judiciaire sénégalais, en accord avec l'Union Africaine (UA).
L'enquête préliminaire confiée à quatre juges sénégalais devrait
durer 15 mois et pourrait déboucher sur un procès en 2014, qui sera
présidé par un juge non sénégalais désigné par l'UA.
Le procès de Hissène Habré serait alors le premier jugement d'un
chef d'Etat par des chambres d'un autre Etat pour des crimes contre les
droits humains.
“Après 22 années d'un travail tenace et persévérant, les victimes
d'Hissène Habré vont finalement obtenir le jugement”, a fait savoir Reed
Brody, Conseiller juridique de l'ONG Human Rights Watch (HRW, basée à
New York) qui travaille avec les victimes de Habré depuis 1999, dans un
communiqué publié lundi à Nairobi au Kenya.
Hissène Habré est accusé de milliers d'assassinats politiques et de
tortures systématiques durant son règne entre 1982 to 1990. Il vit en
exil au Sénégal depuis plus de 22 ans.