Transversale, Sadio Mané, à quel Saint se vouer ?

Transversale, Sadio Mané, à quel Saint se vouer ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le dernier “parpaing” expédié à Aliou Cissé n'est pas la meilleure “offrande” de la prestigieuse carrière de l'actuel manager de Southampton : c'est un Sadio Mané lesté de ses inconstances qui a débarqué ce début de semaine dans la Tanière, loin du sémillant “trouble-foot” aux semelles de vent qui enchantait les jardins anglais. Un talent longtemps sous l'éteignoir qui s'avance en éclaireur présumé du jeu des Lions. Enième paradoxe d'un garçon au talent clivant. Voire “Manichéen”. 

Quand Sadio Mané a posé pied sur la scène surmédiatisée de la Premier League, les suiveurs se sont (un peu trop) empressés de farfouiller dans les coursives des magasins des superlatifs pour habiller le nouvel enfant-prodige. Le garçon caressait le cuir avec une prétention stylistique qui envoyait se pâmer les derniers romantiques du ballon.

Avec Mané, on nous promettait être revenu à un temps ancien où le jeu était encore un... jeu. Un anachronisme emballant, une anomalie sympathique qui faisaient de l'enfant de ‘'Bambali'' un des porte-drapeaux d'un football désuet. Il y avait dans chaque foulée de Sadio, dans chacun de ses touchers de balle comme une certaine forme de radicalité qui voudrait que tout ce qu'il fait sur le terrain ne soit pas récité mais imaginé.

Un football à la Maradona, pas à la Messi. Moins porté sur les récitals sublimes du lutin barcelonais, plus envoûté par les quelques fulgurances irréelles “à la Diégo”, ces inspirations irrationnelles qui n'appartiennent à aucun manuel du jeu. Sadio n'émarge ni n'émerge dans cette galaxie des “extraterrestres du jeu”, mais il y avait dans son football une forme de préciosité et d'utopie qui lui promettait un statut d'iconoclaste.

Aujourd'hui, le “Aladdin du Pakao” cherche sa godasse magique. Le langage footballistique fleuri du Sénégalais trouve de moins en moins d'écho de sa singularité et de sa joyeuse folie dans le carcan de l'expression collective des “Saints''. Sans que la critique sache si c'est de sa faute ou de celle de son entraîneur. Un autre débat qui escorte la marche alambiquée d'un garçon dont la carrière est une table ouverte où chaque observateur vient dresser son couvert avec ses convictions et son subjectivisme.

Si l'ordinaire du ballon est déjà bien mystérieux, rien de ce qui touche aujourd'hui le Sénégalais ne relève de l'extraordinaire. Au chevet de ce Sadio longtemps en panne et dont le doublé renversant face à Liverpool résonne une amorce du “réveil de la force”, on y (a)perçoit comme une nouvelle manifestation visible de la psyché méandreuse du footballeur sénégalais, impréparé aux vertiges inhérents à la fréquentation des cimes footballistiques. Comme s'il lui est mentalement impossible d'être constamment au taquet...

Comme s'il y avait une sorte de plafond de verre, de verrou psychologique qui confine le Lion dans la galaxie des “seconds rôles”. Et des clubs dits de “seconde zone”. Aucun Sénégalais n'a jamais prospéré dans un top-club européen, là où des Ivoiriens (Drogba, Kolo et Yaya Touré), un Malien (Seydou Keïta), un Camerounais (Samuel Eto'o), un Libérien (George Weah) ont légitimement arraché leur rond de serviette à la table des Seigneurs du football européen des clubs. A Sadio Mané, il n'a fallu que la promesse plus ou moins ferme d'un maillot de Manchester United pour qu'il perde quasiment pied. C'est dire...

Cette soudaine dépression dans la courbe de progression du Sénégalais dit sans doute quelque chose d'une surcotation, d'un trop grand emballement autour d'un garçon qui, jusque-là, ne (sur)vit que de quelques fulgurances. Sadio Mané lambine dans une sorte d'entre-deux qui ne lève pas toutes les incertitudes autour de sa réelle capacité à prospérer au plus haut niveau. Ni réel attaquant ni vrai milieu offensif. Ni grand buteur, ni génial passeur. Rarement transcendant, jamais décevant. Un intermittent de spectacle, en somme.

En sélection nationale, l'ancien de “Génération Foot” navigue aussi dans cet entre-deux. Ni inspirateur transcendant ni buteur providentiel. Les suiveurs des Lions lui réclament du ‘'Messi'', lui fait souvent du Diouf. Du sous-Diouf plutôt.

Celui de l'après-2002, quand le Saint-Louisien, ivre de son double Ballon d'Or africain, s'est travesti en amuseur public, en saltimbanque qui égayait le public de Léopold Senghor par ses “sucreries” plus qu'il n'impactait efficacement le jeu des Lions. Posé dans un couloir gauche qui n'est pas le terreau le plus fertile sur lequel il préfère semer ses garde-corps et ses exploits, Sadio Mané flotte dans cet habit de lumière qu'on lui tend ostensiblement dès qu'il pose un bout de crampon dans la Tanière.

Il manque à sa vie de Lion un match-référence qui dissiperait ce sentiment partagé qui s'attache à ses prestations d'ici et d'ailleurs. Car au Sénégal ou en Angleterre, la critique passe ses troisièmes mi-temps à se demander : à quel “Saint” se vouer ?

Source : Enqueteplus


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