Voyage dans le microcosme des contraceptifs : à Dakar, la pilule du lendemain “mooy bomb”
 

Certaines filles célibataires sont friandes de contraceptifs et ce, pour plusieurs raisons. D'abord, non seulement ils leur permettent d'avoir, avec leurs petits copains ou des hommes de l'âge de leurs géniteurs, une vie de couple épanouie, sans encourir le moindre risque de grossesse.

Ensuite, la contraception les éloigne aussi de la grossesse qui pourrait déboucher sur une tentative d'avortement, qui ferait d'elles la risée de leur entourage ou les exposerait à une peine d'emprisonnement.

Ainsi, dans la litanie de mesures contraceptives qui coulent à flot, à Dakar, la pilule du lendemain garde la cote chez la gent féminine. Qui en achète, à gogo, surtout les lundis matins, c'est-à-dire après des soirées festives, le week-end.

Cependant, les filles sont concurrencées par certaines femmes mariées, qui font de l'usage de la contraception leur principale tasse de thé. Qui leur permet de tromper leurs époux, tout en étant persuadées de ne jamais tomber enceintes.

Pour aider ses internautes à percer le mystère des mesures contraceptives, Actusen.com s'est promené à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, notamment à la Cité Aline Sitoé Diatta, ex-Claudel, où il a recueilli les avis des étudiants et étudiants, qui ont ergoté sur le phénomène. Bienvenue à bord de Actusen.com, qui dans le sillage de ses reportages sociétaux, vous a concocté ce sujet qui fait saliver plus d'un.

En cette fin Décembre, 2015 vit ses derniers instants. Une période marquée par plusieurs événements. Les célébrations de fêtes de fin d'année ont emporté presque tous les étudiants du Campus de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

La plupart d'entre eux ont déserté le Temple du Savoir. Des fidèles ont aussi vidé les lieux, pour fêter le Gamou dans les foyers religieux de leurs choix. Mercredi matin, aux environs de 11 heures, c'était le calme plat à l'Ucad. D'habitude bruyant, l'endroit affiche un silence de cathédrale. D'autres étudiants, à cause de leurs révisions dans la perspective de leurs futurs examens, sont plongés dans une passivité sans commune mesure.

les-contraceptifs-oestro-progestatifs-orauxRokhaya: “si elles ont des relations, c'est normal qu'elles prennent des contraceptifs“

“Un enfant pendant l'adolescence, obtenu hors-mariage, peut bouleverser toute une vie. Tout comme une grossesse signifie un avenir gâché pour les jeunes filles”. Cette chanson, les filles adorent la fredonner, à Dakar.

Devant l'ex-Claudel, actuel Campus Aline Sitoé Diatta, seules quelques étudiantes vaquent à leurs occupations. Rokhaya Dionne et son amie Dieynaba sont étudiantes en Pharmacie. Interpellées, elles nous rétorquent qu'elles sont pressées, à cause d'un examen qui les attendent.

Néanmoins, les demoiselles nous accordent rapidement leurs points de vue sur la contraception chez les jeunes filles. C'est Rokhaya qui plonge la première. Sanglée dans un pull blanc avec des strass sur un jean bleu qui laisse deviner une fine silhouette, elle donne raison aux jeunes filles. Sac à main noir aux épaules, elle s'explique : «je suis d'avis que les filles, qui ne sont pas mariées, prennent des contraceptifs pour éviter les grossesses non-désirées”.

“La pilule du lendemain moy bomb (fait fureur). Il y en a qui pleure, pour qu'on leur vend ça“

Poursuivant, elle affirme : “si elles ont des relations, c'est normal qu'elles en prennent. C'est la jeunesse et s'il y a des moyens pour ne pas tomber enceinte, il faut les utiliser», dit-elle. A peine a-t-elle fini son propos que Dieynaba réagit. Mais cette dernière n'émet pas sur la même longueur d'onde que son amie.

Teint noir, dans un jean slim porté sur un haut ¾ noir, cheveu en queue de cheval, elle pense : «elles doivent s'abstenir, si elles n'ont pas de maris. Comme nous. Je ne suis pas d'accord qu'elles prennent des médicaments pour ensuite faire ce qu'elles veulent. C'est insensée », nous apprend-elle.

Dieynaba, étudiante en Pharmacienne : «les filles viennent plus acheter la pilule du lendemain, après les week-end, surtout les lundis matins. Mais, “beaucoup d'hommes aussi en achètent »

Rokhaya et Dieynaba ont travaillé en Pharmacie. Elles sont étudiantes dans ce domaine. De tous les moyens de contraception, elles affirment que c'est la pilule, qui marche le plus. «Beaucoup de filles achètent des pilules. Pendant même la journée et sans aucune gène. Au début, elles avaient un peu de honte, mais maintenant c'est tout le contraire », avoue Rokhaya.

Puis, elle ajoute : « le problème est que les pilules doivent être prises tous les jours. Si tu les oublies, il y a des risques de tomber enceinte. C'est pourquoi la pilule du lendemain “moy bomb” (fait fureur). Il y en a qui pleurent pour qu'on leur vend ça. Parce que sans ordonnance, c'est difficile de les vendre», confie-telle.

Et c'est Dieynaba qui complète : «elles viennent après les week-end, surtout les lundis matins”. Mais, “beaucoup d'hommes aussi en achètent », renchérit-elle. Alors que nos échanges commençaient par être très intéressants, ils finissent par être interrompus, parce que Rokhaya et Dieynaba devaient rallier les amphithéâtres.

Oumar Ba : “il y en a qui font aussi la prostitution. Des femmes mariées commettent l'adultère, parce qu'elles ne vont pas tomber enceintes“

Décidément, ce n'est pas seulement la gent féminine qui sait disserter sur la contraception. Actusen.com s'en est rendu compte, en tendant son micro à certains hommes. Qui en savent beaucoup sur la pratique devenue très courante.

Oumar Ba est étudiant de 2ème année en Droit. Selon lui, cette méthode a des avantages et des inconvénients. Dans une chemise grise, sur un pantalon super sang noir, lunettes” fashions”, il se rend à l'hôpital. Malgré son dur désir de ne pas arriver en retard à son rendez vous, Oumar Ba a l'amabilité de nous accorder quelques minutes de son précieux temps.

«La Société sénégalaise ne voit pas d'un bon oeil qu'une fille ait une vie intime, avant le mariage, même si les mentalités ont changé. Donc, si les filles ont des relation, elles font recours aux contraceptifs pour éviter les grossesses prématurées. Sinon, elles seront jugées parce qu'elles ne sont pas mariées. En plus, la religion musulmane bannit toute relation intime avant le mariage », explique-t-il.

Quant aux inconvénients, Oum Ba explique : «il y a des conséquences sur la santé des femmes. Ensuite, elles en abusent, sachant qu'elles ne vont pas être enceintes. Il y en a qui font aussi la prostitution. Des femmes mariées commettent l'adultère, parce qu'elles sont persuadées qu'avec les méthodes contraceptives, elles ne vont pas tomber enceinte. Sinon, on saura qu'elles ont trompé leurs maris. C'est pourquoi elles en prennent également », regrette-t-il, s'en allant à ses occupations.

Ibrahima Mall : “ elles sont contraintes à satisfaire les pulsions de leur petits amis. Avec des contraceptifs, elles mènent leur vie de couple tranquillement“

Quelques minutes plus tard, on intercepte Ibrahima Mall, qui vient du guichet d'une banque de la place. Etudiant en Droit, Master 1 exactement, il trouve que la prise des contraceptifs est très justifiée pour les femmes. «Pour les filles matures, de plus 18 ans, c'est la situation qui les contraint à prendre des contraceptifs. Parce qu'elles ont une vie intime très active. Elle sont plus responsables », assure ce jeune homme, dans un tee-shirt bleu sur un pantalon noir avec sa sacoche de documents à la main.

Concernant les mineures, il croit qu'elles sont souvent obligées, même si d'autres le font volontairement. « Si elles sont en couples avec des hommes majeurs, elles sont forcées de satisfaire les pulsions de leurs petits amis, qu'elles le veuillent ou pas. Pour ne pas être en grossesse, elles vont prendre des contraceptifs pour mener, tranquillement, leur vie de couple» expose-t-il. Pire, estime, Ibrahima Mall, c'est la modernité qui s'impose. « Les filles veulent faire comme les occidentales. Elles ne sont plus conservatrices, pour la majorité.

“Il y a une sanction divine et c'est très grave“

Elles n'ont plus cette conception de se préserver jusqu'au mariage. Entre copains-copines, les relations intimes ne sont pas taboues. Sinon, tu risques d'être dépassé(e)s ou démodé(e)s, selon qu'on est garçon ou fille. C'est ce qui justifie que les filles n'ont d'autre moyen que d'utiliser des pilules, pour satisfaire leurs désirs sexuels et ne pas être la risée de leurs camarades», nous balance-t-il.

Ibrahima pense que les hommes doivent comprendre les filles qui veulent se préserver jusqu'au mariage et ne rien leur imposer, au risque qu'elles se mettent sous contraceptifs pour les satisfaire, au non de l'amour. « C'est le cas de ma copine et je la comprends. En plus, les prescriptions de ma religion sont plus importantes que mes pulsions. Il y a une sanction divine et c'est très grave ; raison pour laquelle, je me retiens”, jusqu'à présent”. Au sujet de cette sanction divine, iIbrahima Mall nous répond : «c'est comme prendre un marteau et démolir 18 mosquées».

“c'est mieux aussi que de tomber enceinte et d'avorter“

Sur le chemin, on croise cette jeune fille dans un ensemble wax. Elle a requis l'anonymat pour se prononcer sur le sujet. Teint noir, taille moyenne, souriante, elle a une certitude. Selon elle, «la solution ne se trouve pas dans le recours aux contraceptifs”.

”Il faut être fidèle à soi et maitriser son corps. C'est mieux aussi que de tomber enceinte et d'avorter. Ou encore d'avoir un enfant et de l'abandonner après. Mais C'est bien pour une femme mariée afin d'espacer les naissances», estime-elle.

Aminata Seck, nous parle des conséquences. La demoiselle, qui va en cours de rattrapage avec d'autres étudiants, est visiblement pressée. Disquette avec un joli teint noir, elle porte un pull beige assorti à ses ballerines de même couleur. Pour elles, la contraception a des répercussions sur le futur.

«Les pilules et les implants font prendre du poids. Avec un implant (petit bâtonnet cylindrique en plastique) si tu ne fais pas attention, il peut disparaitre dans ton corps à cause du sur-poids. Il sera dur d'avoir un enfant après. Comme avec la pilule, à longue durée, tu peux être stérile».

Les propos d'Aminata sont attestés par choisirsacontraception.fr, Actusen.com y a fait un tour. Le site nous a appris qu'aucun contraceptif ne protège contre IST (infections sexuellement transmissibles) à part les préservatifs. Et les effets secondaires sont nombreux. «Des nausées fréquentes, des irrégularités des menstrues, de l'acné, une chute de cheveux, une tumeur du sein ou de l'utérus, entre autres méfaits”, renseigne la rubrique santé du Figaro.fr

El Hadj Kane : “si, au détour d'une, deux ou trois intimités, si le petit copain n'accepte pas de coucher avec une fille, celle-ci le taxe de poltron ou elle l'abandonne au profit d'un autre mec, qui va lui permettre de prendre des contraceptifs pour profiter de la vie“

A la sortie du Campus, on tombe sur un jeune “Al pulhar” vers 12h. Son nom : El Hadj Kane. Interpellé sur l'utilisation de contraceptifs chez les jeunes, l'étudiant, sac au dos, teint clair dans une tunique marron pour homme, croit savoir que «le monde a tellement évolué que certaines filles oublient nos valeurs. Ce sont elles qui disent à l'homme qu'elles veulent recourir à la planification», dit-il.

Etudiant au Département de Philosophie, El Hadj Kane affirme : « au détour d'un, deux ou trois intimités, si le petit copain n'accepte pas de coucher avec une fille, celle-ci le taxe de poltron ou elle l'abandonne au profit d'un autre mec, qui va lui permettre de prendre des contraceptifs pour profiter de la vie, comme elles aiment le dire souvent”, se désole-t-il.

source: Actusen.com

 
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